portrait artiste ceci n'est pas une piscine

Sophie mayeux

PHOTOGRAPHE & AUTEURE

Mon travail interroge le regard que l'on porte sur le monde, invitant à une contemplation poétique de l'existence. Par ma pratique, je cherche à révéler la beauté cachée dans les gestes simples et les instants fugaces du quotidien. Dans une époque marquée par les turbulences, cette beauté devient une forme de résistance, une réponse à la violence qui nous entoure. Edgar Morin nous rappelle que la vie ne peut être supportée sans poésie, bonheur ni amour. Ce sont ces trois fils conducteurs que je tisse, offrant une réflexion sur la possibilité d'accueillir la joie dans chaque moment, même les plus ordinaires. 

Mes images transportent loin des bruits du monde pour nous permettre de renouer avec l’essentiel, à savoir, ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise. Mes écrits – poésies, contes, réflexions – s'ancrent dans les préoccupations de notre époque. À travers mes mots, je propose un imaginaire alternatif, porteur d’espoir et de respect envers le vivant, un monde où la sensibilité et l’harmonie priment sur l’indifférence.

Résidente du collectif d'artistes plasticiens Encyclies et représentée par la galerie Ceci n’est pas une piscine, deux lieux emblématiques du paysage culturel roubaisien, je travaille entre Dunkerque et Roubaix.

Au bord du rêve (extrait)

Cette série est une invitation à une poésie silencieuse. Au bord de la mer, des personnes marchent, jouent, contemplent. Leur chemin est parsemé d’objets que l’on suppose habités : que se passe-t-il derrière ce parasol ? On ne reconnait pas les personnages. Ce sont des anonymes dans lesquels nous pouvons projeter nos propres rêves. La plage devient ici un seuil, un espace suspendu entre le réel et l’imaginaire. La mer, infinie, incarne cette part insaisissable du rêve : ce que l’on espère, ce que l’on fuit, ce que l’on imagine.

Ces images ne racontent rien de précis, mais elles viennent interroger la vie en chacun d’entre nous, invitant à s’arrêter, à contempler, à rêver.

Le cadrage attire le regard vers le personnage. Le flou de l’arrière-plan cherche à suspendre le temps pour ouvrir un espace intérieur comme une proposition à ralentir et à plonger dans notre propre imaginaire. Dans cet entre- deux du regard, toutes les histoires deviennent alors possibles.